On l’appelle déjà le « procès du siècle », et chacun.e comprend qu’il y aura un avant et un après. Le procès dit des viols de Mazan a rendu mondialement célèbre Gisèle Pelicot, épouse droguée pendant dix ans par son mari et livrée inconsciente à des dizaines de violeurs. Mais ces quatre mois d’audience hors norme ont aussi porté à la connaissance du grand public la notion de soumission chimique. Porté par Caroline Darian, fille de la victime et fille de son bourreau, Soumission chimique, pour que la honte change de camp prend le procès Pelicot pour fil rouge, mais le film s’intéresse aussi à d’autres victimes. Autant de cas de figure révélateurs de ce qui était jusqu’à aujourd’hui le point aveugle des violences sexuelles.
Quand elle avait 20 ans, un homme qu’elle avait éconduit a logé dans la tête de Mutlu (« Heureuse » ou « Chanceuse » en kurde) une balle qui y est toujours et l’a laissée lourdement handicapée. Cinq ans plus tard, sa sœur Dilek, qui faisait campagne avec elle contre les féminicides, a été assassinée par le soldat qu’elle fréquentait. Mutlu, qui n’a renoncé ni à la lutte pour la justice (sur Tiktok et dans la rue) ni à son rêve d’être chanteuse, avance grâce à l’aide de sa famille, étroitement soudée. Porté par sa belle voix et celles des siens, ce documentaire en immersion dans son quotidien, dans la province kurde de Diyarbakir, en Anatolie, s’apparente à un chant de douleur et de résistance.
Documentaire sur l'attaque terroriste qui a eu lieu au centre commercial Westgate à Nairobi, au Kenya, en septembre 2013.