Marius Barbeau
Self
1973, six femmes et cinq hommes sillonnent l’océan Atlantique pendant 101 jours. Ils sont les cobayes d’une expérience scientifique visant à étudier les origines de la violence et l’attraction sexuelle. 45 ans après, les survivants reviennent sur cette aventure hors du commun.
Élève de Lévi-Strauss, ethnologue, anthropologue, médaille d'or du CNRS et professeur au Collège de France, Philippe Descola a consacré sa vie de chercheur à tenter de comprendre la relation des êtres humains au reste du vivant. Lors de son premier terrain parmi les Achuar en Amazonie, il fait une découverte qui va révolutionner le monde des idées. La nature n'existe pas, ou du moins pas pour tout le monde. C'est un concept européen qui n'a pas plus de quatre siècles et qui a bouleversé le cours de notre histoire collective.
En 1934, la découverte d’une sépulture de la période préhistorique dans un parc de Bad Dürrenberg, dans le Land de Saxe-Anhalt, permet opportunément à l’archéologue Friedrich-Karl Bicker et à l’anthropologue Gerhard Heberer d’accréditer les thèses nazies, qui présentent l’Allemagne comme le berceau de la race aryenne. Car l’occupant de la tombe, assurent-ils, est un « aryen originel ». Dans les années 1950, un nouvel examen révèle pourtant qu'il s’agit en réalité du squelette d’une femme. Mais nul ne souhaite alors prolonger l’étude de ces vestiges dont les nazis ont entaché l’image