Vandana Shiva
Les «Yes Men», le duo formé par Jacques Servin et Igor Vamos, alias Mike Bonanno et Andy Bichlbaum, dénoncent l'état du monde depuis deux décennies avec leurs sketchs, leurs dossiers de presse bidon et leurs fausses bonnes nouvelles. Ciblant les multinationales et les États complices, ferraillant contre la surexploitation des hommes et des ressources naturelles, ils s'en prennent ici au ministre canadien de l'Environnement, à la Chambre de commerce américaine et aux géants du pétrole Shell et Gazprom. En se faisant passer pour des dirigeants politiques, ils interviennent aussi par exemple dans un congrès pour annoncer que le gouvernement américain renonce aux énergies fossiles au profit des énergies renouvelables
En 1999, Andy Bichlbaum et Mike Bonanno créent un site internet parodique qui imite celui de la toute-puissante Organisation Mondiale du Commerce. Leur imitation n’est pas trop mauvaise puisque, rapidement, des gens commencent à visiter leur site sans réaliser qu’il s’agit d’une plaisanterie ! Certains n’hésitent pas à poser des questions sur la libéralisation du commerce, et nos joyeux imposteurs décident d’y répondre de leur mieux…
Avec We Feed the World, le documentariste Erwin Wagenhofer propose aux spectateurs un regard sur l'agriculture mondiale moderne. En passant par la Roumanie, l'Autriche, le Brésil, la France et l'Espagne, son enquête se focalise sur la manière dont est fabriqué ce qui arrive dans notre assiette. Il montre que la domination du Nord sur le Sud est prégnante. Comment est-il possible qu'en Afrique l'on achète des produits européens ou asiatiques comme le poulet thaïlandais ? Le réalisateur présente une face peu connue de la mondialisation : en achetant un poulet industriel, on contribue au défrichement de l'Amazonie car le Brésil déforeste pour cultiver le soja qui sert à nourrir les volailles élevées en batterie (90% de la production de soja du Brésil sont exportés). Le documentaire souligne également la différence entre industrie agroalimentaire et petite exploitation. We Feed the World adopte un style « coup de poing » visant à éveiller les consciences.
Les Yes Men, guérilleros de la com', sont partis à l'assaut du néolibéralisme. Le 3 décembre 2004, vingt ans après la catastrophe industrielle de Bhopal, en Inde, qui a causé plus de 18 000 morts, un porte-parole de la société Dow Chemicals annonce en direct sur BBC World que la firme va indemniser ses victimes indiennes à hauteur de 12 milliards de dollars. Les actions de Dow dégringolent immédiatement, jusqu'au démenti embarrassé de l'entreprise, quelques heures plus tard, contrainte de clamer à la face du monde son indifférence totale pour les 100 000 malades et le site contaminé. Cette action spectaculaire des Yes Men est retracée dans ce document, qui brosse également le portrait de ces pourfendeurs de la mondialisation.