Philip Zimbardo
Himself
Le déplacement des prisons, depuis le cœur de la ville vers la périphérie, relève d’un vaste mouvement qui n’est pas sans poser question sur le quotidien des détenus. Dans ce documentaire, ces derniers évoquent face caméra leurs conditions de vie, leurs attentes et leurs angoisses, avant et après le déménagement de la prison de Rennes (400 places), vers un nouveau Centre Pénitentiaire de 690 places construit en périphérie. A Rennes, l’établissement est surpeuplé et vétuste mais implanté au cœur de la ville, les détenus voient depuis leurs fenêtres "des habitations, les gens qui partent au travail" … A Vezin, situé en périphérie, les détenus ont la possibilité d’être seuls, bénéficient de douches en cellule, ont accès à des unités de vie familiale. Mais de leurs fenêtres, ils aperçoivent désormais "du béton, des grillages". Et se plaignent d’une atomisation des relations sociales…
Jérôme a été la victime d'agressions sexuelles de ses 10 à ses 14 ans. Ce passé enfoui ressurgit alors qu'on lui demande aujourd'hui de témoigner. Au fur et à mesure de la procédure judiciaire, lui et d'autres hommes prennent conscience de ce qu'ils ont subi et doivent assumer leur statut de victimes, comme un long et complexe processus intime et social. "Quand je porte plainte contre un ancien prêtre, compulsivement, je prends la caméra. J’ai tout oublié de mon enfance, et mes parents sont empêtrés dans le déni. Je ne m’attendais pas à une procédure si longue. Surtout, je ne pensais pas me demander un jour : qu’est-il arrivé à mon corps ? Et qui savait ?" (Jérôme Clément-Wilz) Dans un geste cinématographique à la première personne, à la fois intime et politique, Ceci est mon corps ausculte les micro-histoires qui font la culture du viol, la mémoire comme tiroir insondable.