Gillian Anderson
Narrator
Premier film documentaire et premier essai de fiction. Le Grand Film ordinaire est le résultat d'un coup de foudre avec Le Grand Cirque ordinaire. «J'ai reçu leur pièce T'es pas tannée Jeanne d'Arc comme un coup de poing. Avec de la pellicule et de l'équipement empruntés à gauche et à droite, avec la complicité gratuite de tous ceux et celles qui figurent au générique, nous partions les week-ends filmer quelques moments de leur tournée. La première a eu lieu à la Cinémathèque québécoise en pleine Crise d'octobre ! Ce film est comme un carnet de notes.
Au printemps 2005, le promoteur Robelco, frappe les trois coups médiatiques d’un projet de "revitalisation" des Galeries Ravenstein à Bruxelles. Afin de "changer l’image de la galerie", le promoteur invite des galeristes à occuper temporairement des magasins. Au soir du vernissage, le dispositif de "revitalisation" apparaît in situ dans toute sa violence sociale. Au premier étage, les galeries parées de tous les attributs de la légitimité culturelle. Au rez-de-chaussée, les cafés appelés à disparaître et leur clientèle frappés du stigmate de l’indignité. Du côté du monde culturel, outre les formes d’(auto)aveuglement ou de lucidité désabusée, le racisme social des agents les plus compromis avec le promoteur laisse sans voix. La violence symbolique exercée contre ceux qui travaillent dur dans le bas de la rotonde vient redoubler la violence économique, voire policière, décortiquées dans ce film, véritable épure des méthodes employées couramment par les promoteurs.