La maison, l’espace de l’intime, celui où l’on range ses affaires, ses secrets. Le lieu où l’on peut se soustraire du regard d’autrui en fermant la porte. Mais ici, il y a peu d’affaires et la porte est ouverte. Sur le seuil, un homme.
Seul film documentaire de Luis Buñuel, tourné en 1932 dans la région de Las Hurdes (Estrémadure), à partir de la thèse ethnographique de Maurice Legendre, directeur de l'Institut Français de Madrid, « Las Jurdes : étude de géographie humaine » (1927), « Terre sans pain » ne fut sonorisé qu’en 1937 puis en 1996 lorsque Buñuel décida de diffuser une version non censurée du film avec son producteur Pierre Braunberger. Remarquable par son sujet, la misère en milieu rural, peu traité à l’époque, par son montage (fait par Buñuel « sur une table de cuisine, à Madrid »), l'usage du gros plan, de la piste sonore et par la place assignée au spectateur par le film, le film continue à surprendre aujourd’hui encore.
Entre 1976 et 1983, Pierre Gurgand et l’Institut national d’Éducation populaire ont organisé des stages de cinéma direct à Lens, Sallaumines et Liévin. Après la mort de Gurgand en 2003, Aaron Sievers a repris ces archives. Ces films captent l’histoire des houillères, avec des images fragiles, surexposées ou floues, qui révèlent l’humanité. Sievers a choisi de conserver l’intégralité des plans, valorisant la parole des mineurs et leur mémoire, recueillie dans les bistrots, entre discussions et poésie. Dans les voix des silicosés résonnent les récits de Flaczynski, Flament, les Grare, Debarge, et d’anonymes syndicalistes ou résistants, témoins d’un passé poignant.
Une femme âgée raconte le traumatisme qu'elle a vécu à 14 ans lorsque son père et tous les hommes de son village ont été arrêtés et déportés dans un camp en Allemagne.
A travers la préparation et l'épopée de l'équipe de France de Cécifoot (football pour non-voyants) aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020, on découvre ce sport spectaculaire et ses enjeux. "Voy" explore la capacité du corps humain à s'adapter à des conditions extrêmes en développant des facultés ignorées du grand public. Ce sport se joue les yeux bandés et consiste à dribbler dans une modélisation spatiale sonore intégrale grâce à diverses tactiques de concentration. Le ballon est sonore, les joueurs signalent leurs déplacements par le mot "Voy", le reste c'est du génie. On suit les joueurs phares de l'équipe et leur sélectionneur franco-camerounais, Toussaint Akpweh, dans sa lutte pour le développement du Cécifoot en Afrique, où vivent des dizaines de millions de personnes non-voyantes, alors que 80% des maladies visuelles sont évitables ou facilement curables.