Film · Fiche et lecture
Ramita Navai
Self
2025, l’année de l’intensification d’une guerre totale et meurtrière, que rien ni personne ne semble pouvoir arrêter, visant militaires et civils et dont le bilan s’élèverait aujourd’hui à plus d’un million et demi de morts ou blessés dans les deux camps. Mais 2025 est aussi l’année de notre rupture avec l’Amérique de Donald Trump, une Amérique aux réactions violentes et imprévisibles, qui risque de lâcher le vieux continent, son plus fidèle allié depuis 80 ans, face à Vladimir Poutine. Comment arrêter ce bain de sang à nos portes ? Comment contenir le maître du Kremlin, un dictateur dont la logique de prédation menace de s’étendre au-delà de l’Ukraine ? Sabotages, navires fantômes, opérations d’ingérence ou survols de drones : il mène déjà une guerre hybride contre le reste de l’Europe. Un conflit armé est-il désormais possible entre l’Europe et la Russie ?
Amos Gitai revient dans les territoires occupés pour la première fois depuis son documentaire de 1982 FIELD DIARY. À L'OUEST DU JORDANIE décrit les efforts des citoyens, Israéliens et Palestiniens, qui tentent de surmonter les conséquences de l'occupation. Le film de Gitai montre les liens humains tissés par les militaires, les militants des droits humains, les journalistes, les mères en deuil et même les colons juifs. Face à l'échec de la politique à résoudre le problème de l'occupation, ces hommes et ces femmes se lèvent et agissent au nom de leur conscience civique. Cette énergie humaine est une proposition de changement attendue depuis longtemps.
Depuis vingt ans, le photographe de guerre James Nachtwey parcourt les contrées du monde traversées par des conflits, des crises, des guerres... Le réalisateur Christian Frei l'a suivi durant deux ans sur le terrain. D'abord membre de l'agence Magnum de 1986 à 2001 puis cofondateur de l'agence VII, Nachtwey est au Kosovo quand les villes sont détruites, en Indonésie quand les familles de mendiants se réfugient entre les rails de chemin de fer, ou encore en Palestine au plus fort des conflits. James Nachtwey est là où le monde "s'effondre".
Les yeux ne font pas le regard suit cinq personnes ayant perdu la vue dans des conflits armés, en recueillant des fragments de leur quotidien d’aujourd’hui. À travers une composition sonore enveloppante, des archives voilées, des images tournées par les protagonistes eux-mêmes et une approche visuelle sensible, le film explore la mémoire, la perception et le rapport au visible. En retrait du spectaculaire, il nous invite à écouter ce qui reste souvent inaudible, à ressentir autrement. Dans une époque saturée d’images, ce documentaire propose une expérience sensorielle où l’écoute devient un geste de résistance et de reconnexion humaine.