En Libye, des milliers de migrants venus de toute l'Afrique sont parqués dans des centres de détention aux conditions inhumaines, dans l'attente que l'Europe et l'ONU statuent sur leur sort. État sanitaire déplorable et surpopulation, travail forcé, tortures, viols, meurtres, enlèvements avec demande de rançon aux familles restées au pays ou vivant à l'étranger : officiellement tenus par le gouvernement libyen, reconnu par la communauté internationale, ces camps sont en réalité entre les mains des milices corrompues qui contrôlent le pays. Pour elles, les migrants représentent avant tout une manne financière.
O salto, c’est un mot qui porte en lui l’histoire des émigrés portugais qui sont partis, sans papiers, vers le nord de l’Europe dans les années 60. O salto, en français ça veut dire Le saut. Mais il y a des mots qui, traduits, n’évoquent plus rien et ne rendent plus compte de l’histoire qui les a forgés. O salto, c’était l’émigration clandestine, le grand saut par dessus les frontières, des milliers et des milliers de Portugais fuyant le Portugal de Salazar. C’est un mot qui n’existe pas dans le dictionnaire portugais avec cette définition. O salto, c’était des villages entiers qui se vidaient dans le secret et la peur. Des séparations et des ruptures brutales. C’était le voyage du silence. Un acte de résistance et de désobéissance où certains ont laissé leur vie. Parfois la police tirait comme sur des prisonniers en cavale. C’était une évasion en attendant l’amnistie : le retour au pays. Pour la plupart des fugitifs, ce fut un départ définitif du Portugal.
Djibi et Ange, deux adolescents à la rue, arrivent à l’Archipel, un centre d'hébergement d'urgence au cœur de Paris. Ils y affrontent des vents mauvais, des vents contraires, mais ils cherchent sans relâche le souffle d'air qui les emmènera ailleurs. Et c'est avec l'écriture et le chant qu’ils s’envolent… et nous emportent. Une plongée au coeur de l’Archipel, un centre qui propose une façon innovante d’accueillir les familles à la rue.